My Bloody Valentine : ‘Isn’t Anything‘ (Sony Music, 2012)
My Bloody Valentine : ‘Loveless‘ (Sony Music, 2012)
My Bloody Valentine : ‘E.P.’s 1988-1991‘ (Sony Music, 2012)
Ne boudons pas notre plaisir, ces trois rééditions sont une bonne excuse (comme s’il en fallait une !) pour se replonger dans la discographie sans faille de ce qui restera la figure de proue de nos années Shoegaze.
Mention spéciale pour cette compilation regroupant les quatre E.P. sortis entre 1988 et 1991, dont certaines faces B restent parmi leurs meilleures compositions, ainsi que ces trois morceaux inédits :
My Bloody Valentine : ‘Good For You‘
My Bloody Valentine : ‘Angel‘
My Bloody Valentine : ‘How Do You Do It‘
Prions désormais le ciel pour que la suite tant attendue de ‘Loveless‘ ne voit finalement jamais le jour !
Richard Hawley : ‘Standing At The Sky’s Edge‘ (Mute Records, 2012)
Il faut bien se l’avouer, le dernier Richard Hawley déçoit, et n’est pas la suite que l’on attendait au somptueux ‘Truelove’s Gutter‘ sorti en 2009.
Oubliez les superbes picking, les cordes de ces morceaux à vous fendre le coeur, notre crooner ce tourne aujourd’hui vers le rock psychédélique (oui, ça fait un peu peur!), avec un album tout en guitares saturées.
Ne pouvant l’accabler, on soulignera le courage d’opérer une telle mutation, mais il vous faudra persévérer pour retrouver le charme des balades d’antan, que l’on entraperçoit seulement sur les titres ‘Seek it‘, ‘Don’t Stare at the Sun‘ et ‘The Wood Collier’s Grave‘.
Allez Richard, on ne t’en veux pas, mais la prochaine fois, promis, tu ressors ton costard et tes lunettes noires !
Le BAL inaugure pour mon plus grand plaisir un cycle sur la photographie britannique et persévère dans une programmation sans faute en présentant pour la première fois à Paris les photographies de Chris Killip.
Une oeuvre passionnante, puissant témoignage d’une Angleterre post-industrielle en pleine mutation, par un maître incontesté de la photographie britannique.
Remerciements au BAL pour avoir permis le soir du vernissage une rencontre avec ce grand Monsieur, que je ne suis pas prêt d’oublier. Il faut l’entendre parler des anecdotes de ces rencontres, des trajectoires de ces personnes qu’il a non seulement photographiées mais avec lesquelles il n’a cessé depuis de tisser un lien, ou même de l’histoire de ces lieux pour être rassuré sur le fait que l’on ne peut atteindre un tel niveau d’excellence si le coeur ne suit pas.
Exposition de l’année, à ne manquer sous aucun prétexte !!!
‘One night in 1994 my American Friend John Clifford, who owned the best bar in Cambridge, took me into the middle of Boston to where the civic center and other administrative buildings now stand. These buildings were built in the 1960s on top of the old tough working class district of Scully Squares, where John and his brothers were born and raised.
John pointed out to me the streets that no longer existed, telling me who had lived where and in which house. Who had died in Vietnam, who had worked for the mob, who had gone to prison or ended up in politics. When I interrupted this narrative to tell him how great it was that he was telling me the history of this place he spun around, gripped me by the throat and pushed me against the wall. With his raised fist clenched he said ‘I don’t know nothing about no fucking history, I’m just telling you WHAT HAPPENED‘.
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‘Un soir de 1994, mon ami américain John Clifford, propriétaire du meilleur bar de Cambridge, m’a emmené dans le centre de Boston, où se dressent aujourd’hui les bâtiments administratifs de la ville. Des bâtiments construits dans les années soixante, à l’emplacement du vieux quartier ouvrier de Scully Square où John et ses frères étaient nés et avaient grandi.
John me montrait des rues qui n’existaient plus, en m’expliquant qui avait vécu dans quelle maison, qui était mort au Vietnam, qui avait travaillé pour la mafia, qui avait fait de la prison ou de la politique. À un moment, je l’ai interrompu pour lui dire que c’était formidable qu’il me raconte ainsi l’histoire du quartier. Il s’est retourné subitement, m’a pris à la gorge et m’a plaqué contre le mur.
Le poing levé, il m’a dit : ‘J’en ai rien à foutre de l’histoire. Je te raconte CE QUI S’EST PASSÉ‘.
John Smith : ‘The Girl with Chewing-Gum‘ (1976, 12′)
Parallèlement à l’exposition de Chris Killip, le BAL nous donne aussi à découvrir une des grandes figures du cinéma expérimental britannique, John Smith.
Harvey Pekar, Ed Piskor, Paul Buhle : ‘The Beats – Une Anthologie Graphique‘
Comme l’indique son titre, ce roman graphique à plusieurs mains se veut être une anthologie de la Beat Generation, et de ses trois figures de proue: Kerouac, Ginsberg et Burroughs.
En ne survolant le destin de ces personnalités que par quelques anecdotes savamment illustrées, cet ouvrage arrive tout de même difficilement à prétendre à ce titre, et pèche quelque peu par son manque de scénario et ses portraits en décousus.
Mais il présente néanmoins l’intérêt de ne pas se limiter au célèbre trio, en brossant également le portrait d’autres personnalités moins connues liées au mouvement, telles que Gregory Corso, Diane di Prima, Philip Lamantia, Jay Defeo ou D.A. Levy.
Jacques Floret est un dessinateur que l’on pourrait qualifier de bi(c)-polaire, perpétuellement tiraillé entre son obsession compulsive du stylo Bic 4 couleurs, et la plus pure tradition de la ligne claire.
Quelque soit la forme qu’il choisisse pour nous dresser le portrait de ses personnages, ceux-ci évoluent dans un monde délicieusement absurde où il fait toujours bon se plonger.
‘Besame Mucho‘, une exposition de Jacques Floret du 12 mai au 14 juin 2012