Joseph Strick/Ben Maddow/Sidney Meyers : The Savage Eye

Sorti en 1960, ce film fait parti de ces oeuvres pionnières du cinéma indépendant américain, tout comme le Petit Fugitif, qui le précéda de quelques années.

Oeuvre hybride à mi chemin entre le film documentaire, la fiction et le projet expérimental, il démystifie complètement l’American Way of Life alors en pleine apogée, avec une force qu’il ne m’avait pas été donnée de rencontrer depuis la lecture du ‘Revolutionary Road’ (‘Les Noces Rebelles‘) de Richard Yates.

Judith Mac Guire, femme sous influence récemment divorcée, débarque dans la pimpante Los Angeles pour tâcher d’y reconstruire sa vie.

Par la voix off d’un narrateur qui pourrait être son partenaire imaginaire ou sa raison, nous découvrons peu à peu les profondeurs de son mal-être, qu’elle tâche de fuir en s’adonnant aux divers plaisirs que la société de consommation lui procure : salons de coiffure, matchs de catch, clubs de strip-tease ou encore spectacle de travestis .

Sur cette forme narrative déstructurée, les images de l’héroïne filmée lors de ses déambulations dans cette ville anxyogène se mêlent habilement à d’incroyables scènes de rue prises sur le vif, collectées par les réalisateurs entre 1956 et 1960.

Ces images spectaculaires à la superbe photographie (notons qu’Helen Levitt a également participé au projet), magnifiquement orchestrées par Sidney Meyers, témoignent par leur puissance de la folie ordinaire de l’homo consumeris.

On assiste ainsi ébahis à d’incroyables moments d’hystérie collective superbement filmés, avec pour point culminant cette scène tournée au cours d’une procession où des fidèles en transe viennent recevoir à la chaîne leur bénédiction.

Même si cette oeuvre est le fruit d’un travail collectif, Joseph Strick fût l’instigateur de cet O.F.N.I, et celui-ci prend encore plus d’ampleur après avoir regardé les bonus de cette édition DVD, toujours soignés chez la respectable maison Carlotta.

En effet, les entretiens avec ce réalisateur sur les coulisses du film et sur sa vision de l’Amérique s’avèrent captivants, et le personnage impose de suite un certain respect.

Quant à son reportage sur la guerre du Vietnam, ‘Interview with My Lay veterans‘, qui remporta en 1971 l’oscar du meilleur court-métrage documentaire, il mérite à lui seul l’acquisition de ce DVD : un véritable voyage au bout de l’enfer (22 mn), dont on ne ressort pas tout à fait indemne.

Joseph Strick/Ben Maddow/Sidney Meyers : ‘The Savage Eye’ (Carlotta Film)

player_gen_cmedia=18820711&cfilm=110495.html

player_gen_cmedia=18820716&cfilm=110495.html

player_gen_cmedia=18820745&cfilm=110495.html

player_gen_cmedia=18820770&cfilm=110495.html

4 réponses à “Joseph Strick/Ben Maddow/Sidney Meyers : The Savage Eye

  1. Galaxie de la Ronce

    Ce film a l’air vraiment bien …c’est bien sympa vos blogs mais je vais finir par me ruiner, moi qui voulait m’acheter une nouvelle paire de bottes, pfff !!

  2. Galaxie de la Ronce

    je corrige: « qui voulais » et qui veux tjs d’ailleurs m’acheter une paire de bottes !! Merci en tout cash …

  3. Galaxie de la Ronce

    quesqu’elle est belle cette affiche ce H au centre de ses deux E (dans le titre) !!!! je like …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s