Chris Killip :’What Happened Great-Britain 1970-1990 @ Le BAL, Paris

Le BAL inaugure pour mon plus grand plaisir un cycle sur la photographie britannique et persévère dans une programmation sans faute en présentant pour la première fois à Paris les photographies de Chris Killip.

Une oeuvre passionnante, puissant témoignage d’une Angleterre post-industrielle en pleine mutation, par un maître incontesté de la photographie britannique.

Remerciements au BAL pour avoir permis le soir du vernissage une rencontre avec ce grand Monsieur, que je ne suis pas prêt d’oublier. Il faut l’entendre parler des anecdotes de ces rencontres, des trajectoires de ces personnes qu’il a non seulement photographiées mais avec lesquelles il n’a cessé depuis de tisser un lien, ou même de l’histoire de ces lieux pour être rassuré sur le fait que l’on ne peut atteindre un tel niveau d’excellence si le coeur ne suit pas.

Exposition de l’année, à ne manquer sous aucun prétexte !!!

One night in 1994 my American Friend John Clifford, who owned the best bar in Cambridge, took me into the middle of Boston to where the civic center and other administrative buildings now stand. These buildings were built in the 1960s on top of the old tough working class district of Scully Squares, where John and his brothers were born and raised.

John pointed out to me the streets that no longer existed, telling me who had lived where and in which house. Who had died in Vietnam, who had worked for the mob, who had gone to prison or ended up in politics. When I interrupted this narrative to tell him how great it was that he was telling me the history of this place he spun around, gripped me by the throat and pushed me against the wall. With his raised fist clenched he said ‘I don’t know nothing about no fucking history, I’m just telling you WHAT HAPPENED‘.

—————————————————————————————————-

Un soir de 1994, mon ami américain John Clifford, propriétaire du meilleur bar de Cambridge, m’a emmené dans le centre de Boston, où se dressent aujourd’hui les bâtiments administratifs de la ville. Des bâtiments construits dans les années soixante, à l’emplacement du vieux quartier ouvrier de Scully Square où John et ses frères étaient nés et avaient grandi.

John me montrait des rues qui n’existaient plus, en m’expliquant qui avait vécu dans quelle maison, qui était mort au Vietnam, qui avait travaillé pour la mafia, qui avait fait de la prison ou de la politique. À un moment, je l’ai interrompu pour lui dire que c’était formidable qu’il me raconte ainsi l’histoire du quartier. Il s’est retourné subitement, m’a pris à la gorge et m’a plaqué contre le mur.

Le poing levé, il m’a dit : ‘J’en ai rien à foutre de l’histoire. Je te raconte CE QUI S’EST PASSÉ‘.

Chris Killip

A écouter également, un entretien de Chris Killip avec Caroline Broué sur France Culture

***********************************************************************

John Smith : ‘The Girl with Chewing-Gum‘ (1976, 12’)

Parallèlement à l’exposition de Chris Killip, le BAL nous donne aussi à découvrir une des grandes figures du cinéma expérimental britannique, John Smith.

Avec ‘The Girl with Chewing-Gum‘ réalisé en 1976,  il nous propose une sorte de tentative d’épuisement à la Perec d’un lieu londonien.

John Smith : ‘The Girl with Chewing-gum‘ (1976, 12’)

***********************************************************************

Le BAL

6, Impasse de La Défense

75018 Paris

mercredi/vendredi 12H-20H

samedi 11H-20H

dimanche 11H-19H

nocturne le jeudi jusqu’à 22H

Fermé lundi et mardi

Lieu accessible aux personnes à mobilité réduite

3 réponses à “Chris Killip :’What Happened Great-Britain 1970-1990 @ Le BAL, Paris

  1. Mince , je suis bourrique, j’ai raté cette expo, fermé lundi et mardi et je rentre mercredi matin, je ne sais pas quand ça se termine, et je ne pense pas venir sur Paris pour l’été, j’ai absolument  » les boules » et limite je  » angoissée » !
    Je peux toujours allée voir Richter à Beaubourg ou Newton au grand Palais mais les tarifs du grand Palais me repoussent à peu et limite ça me donne presque une totale aversion pour Newton du coup ! Ahhh, merde alors, voilà ce que c’est de flâner tranquillou ds Paris et de ne ps faire attention ( la petite provinciale, quoi !)

  2. Oui, j’ai fait des recherches et j’ai vu mais merci! Je vais du coup peut-être faire un petit saut sur Paris cet été ! C’est bien Paris l’été …
    Je suis allée voir l’expo de Richter aujourd’hui, je ne sais pas quoi en penser encore mais juste que je n’ai pas trop aimé ses grandes peintures « abstraites » et que ce n’est pas la plus belle expo que j’ai vu de ma vie , alors je me suis laissée guider vers ses photos peintures et je me suis perdue dans le sens de l’expo du coup et j’avais envie de dormir ( ça me fait ça à chaque fois à Beaubourg), et deux heures après j’ai réalisé que qu’en faisant comme ça ( perdre le sens de la marche) que je suis passée à côté de  » Ema ( Nu sur un escalier) , faut le faire quand même aller à cette expo et rater ce célèbre Nu et j’en suis presque à me dire qu’il n’était pas exposé mais ça non c’est pas possible!! Mais pourquoi, ne m’a-t-il pas tapé à l’oeil alors, la question est intéressante …
    Je suis doublement déçue, je suis capable d’y retourner pour savoir si il y est exposé et de demander juste où se trouve le Nu d’Ema , c’est pas possible que je ne l’ai pas vu, c’est frustrant , ça va m’empêcher de dormir pendant une semaine au moins !
    En même temps je crois que je l’avais déjà vu , il y a assez longtemps au Musée d’Art Moderne, mais je n’en suis plus certaine ! Ah la la …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s