Archives mensuelles : mai 2014

All You Need is Love

Love : ‘Forever Changes‘ (Elektra, 1967)

C’est toujours pareil, dès que le soleil repointe le bout de son nez, cet irrépressible besoin d’Amour qui ressurgit …

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Sidney Lumet : ‘The Offence’

Un dernier film, et pas des moindres, qui vient clore pour l’instant notre petite thématique autour des disparitions d’enfants au Royaume-Uni.

Abordant le thème de la pédophilie de plein front, The Offence est un film maudit, renié par United Artists et qui ne sera diffusé en France que 35 ans après sa sortie.

Lessivé par 20 ans de service, le sergent Johnson (Sean Connery, magistral dans ce rôle bien loin de son costume de James Bond) enquête sur un violeur de fillettes dans une banlieue sordide de l’Angleterre du début des années 70.

Sur cette trame, Sidney Lumet va nous faire pénétrer peu à peu dans le cerveau malade de l’inspecteur et sonder à travers lui les profondeurs de l’âme humaine, en dynamitant les frontières du bien et du mal.

Son montage audacieux, son cadrage, ses lumières sont autant d’éléments qui nous font pénétrer de plein-pied dans la psyché du personnage et qui contribuent à l’ambiance particulièrement anxiogène de ce thriller, dont on ressort littéralement sonné.

La scène d’introduction vous plongera assez rapidement dans ce climat poisseux pour m’éviter de vous en dire trop, et vous inviter à redécouvrir illico ce chef-d’oeuvre de Sidney Lumet.

N.B. : Ce film clôturant notre ‘cycle’, les commentaires sont cependant ouverts pour toute autre suggestion dans la même thématique.

Swans : ‘To be Kind’

Swans : ‘To be Kind‘ (Young God Records/Mute 2014)

Cette journée grise et pluvieuse me semble idéale pour plonger dans les abysses de ce gargantuesque nouvel album des Swans et incanter le soleil en compagnie de Michael Gira et ses cygnes (‘Bring the sun/Toussaint Louverture‘, hallucinante messe apocalyptique de 34 mn), dans une transe collective dont on ne ressort jamais vraiment indemne.

On l’a déjà dit et tant pis si on se répète : cette réformation est indéniablement la plus justifiée de ces dernières années, et l’on attend avec impatience la prochaine tournée.

Leyland Kirby : ‘We drink to forget the coming storm’

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Pour célébrer son passage à la quarantaine aujourd’hui, Leyland Kirby n’a pas trouvé meilleure idée que de nous jouer sa midlife crisis au piano, et de nous offrir ses quarante variations en téléchargement gratuit, pendant quarante jours, et quarante nuits.

C’est toujours aussi sublime et hanté, et ça mérite bien une petite donation pour le remercier, et participer au cadeau d’anniversaire :

As this is released for my birthday I would suggest the price of a birthday whisky to be a fair price for this collection should you wish to pay. Then I feel we will raise the virtual glass connected together for good health and fortunes‘.
 
 

Cheers Leyland and Happy Birthday !

Oscillations, une mixtape par Fragments d’un Voyage Immobile

 

On pourra dire ce que l’on veut sur les méfaits d’Internet sur notre société, il est toujours rassurant de savoir qu’il n’y a pas uniquement que des Trolls ou des traqueurs pédophiles qui y fourmillent aujourd’hui. Il peut encore de nos jours s’avérer être un merveilleux moyen d’échange et de communication, qui m’aura permis de faire de belles rencontres ces dernières années, des ‘amis’ que même virtuels, je suis content de compter désormais parmi mes rangs.

Dernière preuve en est cette mixtape, arrivée dans ma boîte à lettres sans prévenir il y a quelques jours, concoctée par pur plaisir par l’acolyte derrière le fort recommandable blog ‘les fragments d’un voyage immobile‘, que je vous invite à mettre de suite dans vos favoris.

Quelle meilleure initiative en effet pour faire un peu plus ample connaissance ? La démarche m’a en tout cas plus qu’agréablement surpris et c’est en le remerciant que j’ai le plaisir de la partager avec vous aujourd’hui.

Préparez-vous à un beau voyage …

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http://lesfragmentsdunvoyageimmobile.blogspot.fr

http://www.mixcloud.com/bidibii/

 

Tracklisting :

1 – Aventuras De Krilian : ‘Pez Luna
2 – Wolf Eyes : ‘No Answer
3 – Mondkopf : ‘Cause & Cure
4 – Fennesz : ‘Paroles
5 – Craig Leon : ‘Derails Suggest Fidelity To Fa
6 – Earl Sweatshirt : ‘Hoarse
7 – Duke Ellington & John Coltrane : ‘My Little Brown Book
8 – Mike & Rich : ‘Bu Bu Bu Ba
9 – Little Annie & Baby Dee :’Back In The Day
10 – Daniel Avery :’These Nights Never Ends
11 – Red Axes :’Papa Sooma feat.Abrao
10 – Monolake :’Cyan

Emmanuel Bove : ‘Bécon-les-Bruyères’

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Emmanuel Bove : ‘Bécon-les-Bruyères’ (Editions Cent Pages, Collection Cosaques, 2009)

Il y a quelques années de cela, une opportunité de logement à un tournant délicat de ma vie me fit emménager dans ce lieu-dit dont je n’avais jamais entendu parlé auparavant, Bécon-les-Bruyères, sorte de Triffouillis-les-Oies de la banlieue parisienne où je réside encore aujourd’hui.

Un de ces ‘endroits autour des grandes villes où, lorsqu’on s’y promène, on ne peut s’empêcher de penser que si la révolution éclatait, ils resteraient aussi paisibles.’

Dans le calme de la matinée, on n’imagine aucune femme encore couchée avec son amant, aucun collectionneur comptant ses timbres, aucune maîtresse de maison préparant une réception, aucune amoureuse faisant sa toilette, aucun pauvre recevant une lettre lui annonçant sa fortune. Les moments heureux de la vie sont absents.

Les terrasses sont trop étroites pour que l’on s’y sente à l’abri. Les rues trop longues et désertes mènent vers d’autres rues aussi longues et aussi désertes, bordées de pavillons, de maisons en constructions, de terrains à vendre‘.

‘L’air est le seul luxe de cette banlieue’ où, ‘quand vous demandez où se trouve une rue, on ne vous y accompagne pas, mais on vous suit des yeux jusqu’au premier tournant.

Parfois, un taxi (le) traverse. Il fait songer à ceux que l’on a vus dans des cités plus lointaines et qui nous ont paru suspects. Comme ces derniers, ils transportent un voyageur étrange, assis sur le bord de la banquette, qui guette par les portières. Un parent mort ; un rendez-vous d’affaires ; cinq minutes de retard, un attentat projeté ; une fuite après un vol. On ne sait.

Mais ce serait sans parler de ses habitants :

La population de Bécon-les Bruyères ne ressemble pas à celle d’une ville isolée. Elle n’a ni préoccupations ni amour-propre locaux. Elle serait indifférente à la célébrité de l’un des siens, à moins qu’il ne fût le plus grand de tous‘.

Les moeurs de Bécon-les-Bruyères sont plus douces que celle de Paris. Il eût été incompréhensible qu’aucun intermédiaire n’existât entre la complaisance des campagnes et la rudesse des villes‘.

Les Béconnais, avec un sens des nuances qui paraît inexplicable, ont tous sur les lèvres l’injure parisienne toute prête ainsi que la phrase aimable des campagnes’.

Il n’est point d’habitant mystérieux. Personne ne souffre. Il n’est point de jeunes femmes qui, abandonnées par un homme, sont sur le point de se lier avec un autre, ni d’adolescents amoureux d’une amie de leur mère, ni de directeurs ruinés par une passion, ni de maîtresse d’un ministre. Celui qui, à un moment de déchéance, échouerait à Bécon-les-Bruyères se sentirait tombé si bas qu’il en partirait aussitôt. Il ne pourrait même pas y vivre avec humilité.

Le problème, vous le comprendrez désormais, c’est que je n’en sois pas encore parti, bien que je vous rassure, ce soit dans nos futurs projets.

Et ces quelques extraits vous feront aisément comprendre la claque que j’ai pu prendre à la découverte de cette écriture d’une incroyable modernité. Car près de 87 ans après la parution de cet ouvrage, à Bécon-les-Bruyères, rien n’a vraiment changé croyez-moi.

Un jour peut-être, Bécon-les-Bruyères, qui comme une île ne peut grandir, comme une île disparaîtra. La gare s’appellera Courbevoie-Asnières

(Et pour ceux qui souhaitent pousser un peu plus loin et voir à quoi ça peut ressembler, un autre habitant de Bécon admirateur de Bove s’est amusé à faire un Tumblr en son honneur).

Blues run the game

Jackson C. Frank : ‘Jackson C. Frank (Earth Recordings, réédition 2014)

Le genre de folk-singer que t’as déjà envie d’aimer rien que pour sa vie de merde. Forcément après, quand t’écoutes un morceau comme ‘Blues run the game‘, tu chiales !