Archives mensuelles : novembre 2011

Des visions d’oiseaux rouge-sang dans un ciel brumeux

Smog : ‘Blood Red Bird‘ (‘Red Apple Falls‘, 1997).

Coil : ‘Red Birds Will Fly Out Of The East And Destroy Paris in a Night‘ (‘Musick to Play in the Dark Vol. 1‘, 1999).

Une berceuse pour la nuit

The Smiths : ‘Asleep

Paint a Vulgar Picture

The Smiths : ‘Paint a vulgar picture

‘Re-issue ! Re-package ! Re-package !
Re-evaluate the songs
Double-pack with a photograph
Extra Track (and a tacky badge)’

Ainsi ironisait Morrissey sur le morceau ‘Paint a vulgar picture‘ paru en 1987 sur ‘Strangeways here we come‘, le dernier album de la mythique formation de Manchester.

Avec la maîtrise du texte qui fit sa réputation, notre bigmouth mancunien s’en prenait alors aux maisons de disques et à leurs techniques mercantiles le temps de cette ballade, sans cracher pour autant  sur ce qu’allait lui rapporter les ventes de cet album quelques mois après, suite à l’annonce de leur séparation.

‘Best of ! Most of ! Satiate the need
Slip them into different sleeves !
Buy both, and feel deceived’

Peu de chances d’être déçu face à la récente réédition de l’intégralité de leur discographie chez Rhino Records, remasterisée par Johnny Marr en personne et sortie sous divers packaging pour satisfaire toutes les envies : coffret vinyls ou CD, et une édition collector Deluxe on ne peut plus ‘Complete‘ limitée à 4000 ex. comprenant les 8 albums en vinyl et CD, plus les 25 singles en vinyl, bref l’intégralité de ces pochettes monochromes parmi les plus belles de l’histoire du disque.

Si j’en suis venu ironiquement à me rappeler les paroles de ‘Paint a vulgar picture‘ pour parler de cette sublime réédition, ce n’est évidemment que pour extirper la terrible frustation de n’avoir pu mettre les quelques 400 € pour acquérir ce magnifique coffret, certainement déjà épuisé à l’heure qu’il est.

Car malgré la pathétique déchéance du Moz, qui aurait mieux fait, comme une de ses illustres icônes, de se crasher au volant d’une porsche avant d’avoir atteint la trentaine pour que le mythe soit parfait, ce groupe restera pour toujours à mes yeux pour la quintessence de la pop anglaise, une alchimie parfaite entre les textes et les cordes, un somptueux vestige de mon adolescence où je ne me lasserai jamais de me réfugier.

Et pour mettre un terme définitif à cette frustration, et rendre aux ‘nouveaux pauvres’ ce qui était rappelons-le une musique de ‘prolos’, je remets ici à disposition ce fantastique bootleg sorti sur le net en début d’année qui, non seulement était gratuit, mais comportait en plus deux morceaux totalement inédits : les instrumentaux ‘I misses You‘ et ‘Heavy Track‘.

Kate Bush : ’50 Words for Snow’

Kate Bush : ‘50 Words for Snow‘ (Fish People/Anti, 2011)

Il est des disques qu’il est préférable d’aborder vierge de tous commentaires, car même en faisant preuve d’une certaine ouverture d’esprit, certains thèmes ou collaborations dévoilés en amont peuvent rebuter définitivement le plus motivé des futurs auditeurs.

Ainsi, s’il m’était advenu de lire quelques commentaires sur le nouvel album de Kate Bush avant de m’y plonger, j’aurais immédiatement pris mes jambes à mon cou, préférant préserver ainsi tout le respect que je porte à l’égard de cette artiste : 7 chansons inspirées par la neige, on a déjà vu plus excitant comme concept album, et surtout, horreur, une collaboration avec Elton John !!! De quoi redouter une monstruosité du genre ‘Candle in the snow‘ !!!

De tels préjugés m’auraient alors fait manquer de bien belles retrouvailles.

Car même si ce nouvel album ne s’avère pas convaincant dans son entité, ses trois premiers morceaux, qui à eux seuls durent quasiment la moitié de l’album, nous confirment d’emblée tout le talent de cette grande artiste.

Des compositions dans leur plus simple appareil, un piano aérien au rythme parfaitement maîtrisé, et cette voix qui nous enveloppe dès le premier souffle, et arrive encore à nous faire littéralement frissonner en nous contant une idylle fantasmée avec un bonhomme de neige (‘Misty‘).

Passé cette superbe trilogie (Snowflake/Lake Tahoe/Misty), on tombe quelque peu dans la déception, voir dans le dégoût quand Sir Elton pointe son nez, mais peu importe, elle justifie à elle seule une ovation pour ce retour en grâce.

À écouter en boucle en attendant l’arrivée des premiers flocons.

OuTTakes : ‘Gabe Vega’ Mix

Une mixtape inspirée par le film Driverecommandée à tous les amateurs de synthés 80’s et d’Italo-Disco à la sauce Italians Do It Better.

Ode à la Vie

Spéciale dédicace à Ed Wood !

William Eggleston : ‘Election Eve’ – Gagosian gallery, Paris

Si d’aventure, il vous arrive encore d’aller vous promener vers les Champs, que ce soit pour vous goinfrer de macarons Ladurée ou faire le plein de capsules Nespresso, accordez-vous une trêve et faites absolument un détour par cette galerie, où sont exposés des tirages inédits du grand William Eggleston, LE maître incontesté de la photographie couleur.

Et surtout, ne prenez pas peur du vigile à l’entrée : il est fort charmant, et c’est un peu le quartier qui veut ça !

William Eggleston : ‘Election Eve

Gagosian Gallery

4, rue de Ponthieu

75008 Paris

Mardi > Samedi

11h. > 19h.

Jusqu’au 24 décembre 2011.

http://www.gagosian.com/exhibitions/2011-11-09_william-eggleston/